J’ai essayé de suivre les pas, les décisions de celui qui s’engage pour une Cause

Le 3 Juillet 2016
Bien cher Assaad,

Quand j’ai eu en mains votre livre, vous avez insisté qu’il fallait vous partager quel écho il aurait en nous. J’ai un peu trop laissé passer le temps et sans doute oublié certaines impressions fortes, mais je vais quand même écrire un peu.
Tout d’abord, en ayant en mains ce livre, j’ai ressenti combien le message vous tient à coeur pour que vous n’ayez pas hésité à produire un travail de cette importance. C’est clair, c’est vraiment le travail d’une voix qui a décidé de faire tout pour être entendue, même si elle tremble.
Ce livre m’a montré des aspects du vécu, des contraintes dans l’expérience des miliciens et aussi, ce que je savais déjà, de la générosité dans le don de soi de beaucoup. J’ai essayé de suivre les pas, les décisions de celui qui s’engage pour une Cause, mais décidément ce mot, et encore plus avec une majuscule, me fait peur dans sa prétention à rejeter dans l’ombre l’homme et le plus essentiel de son humanité.
J’ai été très intéressée par les “charnières” :
page 143 : “je compris pour la première fois ce que pouvait ressentir un musulman”
page 176 : “ma femme avait déclaré comprendre désormais la tristesse et l’incompréhension qu’on lisait dans les yeux des Palestiniens”
Pages 208-209 : “se retrouver, s’épancher, discuter… créer des liens humains”
page 211 : “ma vision du musulman change”. Et en même temps la vision du chrétien.
page 223 : “essayer d’être un fidèle du Christ”
et cet étonnement : message mieux reçu parles musulmans que par les chrétiens.
page 228 : “chrétien ou païen ?”
C’est un itinéraire, un itinéraire que nous devons tous parcourir, et toute notre vie.
Pour vous remercier de l’avoir montré, de nous y appeler, je vous envoie en écho un poème que j’ai lu ces jours-ci :
Tentation : dis à la Paix qu’elle ne soit que l’intervalle entre deux guerres.
Dis à la Paix qu’il faut commencer par faire la guerre si l’on veut faire la paix.
Dis à la Paix que le soleil noir de la guerre doit d’abord se lever et saigner pour que puisse descendre la paix du soir.
Dis à la Paix que la guerre, c’est bon pour les jeunes et que ça leur manque.
Dis que la guerre est une vertu virile.
Dis à la Paix quependant qu’ils feront la guerre, ils nous laissertont en paix.
Dis à la Paix que la guerre est un mal nécessaire.
Dis à la Paix qu’il n’y a pas de paix sans guerre et pas d’omelette sans casser des oeufs.
Dis à la Paix qu’elle n’est qu’une parenthèse, un entre-deux-guerres.
Dis à la Paix qu’elle est prisonnière, liée, menottes aux mains, condamnée, enchainée, emmenée en convoi entre deux guerres…
Mais la Paix ne peut être qu’avant et après la Paix,
car la Paix est un chemin pour relier la Paix et la paix.
La Paix vient avant la paix comme le souffle précède le souffle.
La paix vient après la paix, comme le battement de coeur suit le battement de coeur.
La Paix est avant et après, comme chaque pas est un pas de plus.
 
Ainsi la Paix doit-elle ruser même avec elle-même
car la Paix établie n’est déjà plus que la paix des cimetières…
 
Jean Debruynne
 
Puissions-nous marcher humblement mais avec détermination sur ce chemin !
En grande amitié S.T

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